[repiqué depuis le blog de Tradfem]
Quand je lui ai dit que je ne la trouvais pas drôle et que cette phrase me semblait misogyne, il m’a répondu : « Relax, c’était juste une blague. »
Et c’est exactement ça le problème.
La misogynie ne s’affiche généralement pas ouvertement.
La plupart du temps, elle s’immisce avec un sourire.
C’est la « blague » qui est censée vous faire rire.
Le « commentaire » présenté comme inoffensif.
C’est le moment où l’on attend de vous que vous ravaliez votre malaise pour que personne d’autre ne se sente mal à l’aise.
Des études montrent que lorsque le sexisme est présenté sous forme d’humour, les gens sont moins enclins à le reconnaître comme l’expression d’un préjugé, et les femmes sont moins susceptibles de le contester. Les blagues dissimulent les préjugés, ce qui rend ces préjugés plus faciles à ignorer et plus difficiles à combattre. Au fil du temps, cette normalisation crée une culture où une misogynie plus flagrante semble plus acceptable.
C’est pourquoi la micro-misogynie est importante.
« Micro » ne signifie pas insignifiante, mais constante, normalisée et facile à nier. C’est le bruit de fond qui permet au système de continuer à fonctionner. Les petites remarques, les blagues et les suppositions qui renforcent discrètement l’idée que les femmes doivent tolérer de se voir rabaissées.
Et la misogynie est profondément ancrée dans notre culture. Lorsqu’un préjugé existe à presque tous les niveaux de la société, les gens cessent de le remarquer. Il devient invisible, jusqu’à ce que quelqu’un le nomme. Et soudain, c’est cette personne qui devient le problème.
Alors lorsque nous ne rions pas.
Lorsque nous disons calmement : « Je ne trouve pas ça drôle ».
Lorsque nous demandons : « Que voulez-vous dire par là ? »
Ce n’est pas que faisons les difficiles.
Nous interrompons quelque chose qui se produit sans contrôle depuis des générations.
