Mickey Z : Rien ne changera tant que nous refuserons de NOMMER LE PROBLÈME.

Par Mickey Z (World News Trust)

[Avertissement : Cet article traite de violences graves]

 

Nous lui donnons toutes sortes de noms. Des noms comme la violence, la guerre, le terrorisme et l’oppression …

MAIS :

Ce sont des hommes qui sont responsables de 90% des agressions violentes, de 95% de la violence au foyer et entre partenaires et aussi de 95% des sévices sexuels sur enfants.

Des hommes déchirent des poules vivantes pour ensuite les agresser sexuellement.

Un homme comme Frank Yeager dresse une liste de 200 cibles – des femmes agents immobiliers qu’il envisageait de violer – parce que, comme il l’a dit, « j’aime vraiment la chasse ».

Des femmes comme celle-ci sont violées et victimes de traite dès l’âge de 7 ans.

Des hommes prennent plaisir et fierté à retirer leur préservatif au moment de rapports sexuels.

Les femmes de la Caroline du Nord ne peuvent légalement mettre fin à un rapport sexuel une fois celui-ci entamé.

Des poupées sexuelles infantiles (sic) de la taille de fillettes de 3 ans se vendent comme des petits pains dans le monde entier.

Un homme de 32 ans, Benjamin Taylor, vient de violer et assassiner la fillette de 9 mois de son amie.

Nous nous accrochons à des euphémismes comme : le fascisme, le communisme, le capitalisme, le libertarisme, le totalitarisme, le socialisme, etc.

MAIS :

Les hommes s’accaparent ouvertement les idées et les réalisations des femmes et les revendiquent comme étant les leurs.

Des hommes vont violer en bande une femme et assassiner son bébé.

Un homme va coller les parties génitales de son épouse sous prétexte qu’elle a « aimé » un message Facebook, et il s’en sort avec une amende de 10$.

La culture du viol est tellement normalisée que des hommes diffusent des viols en direct sur Internet.

Un homme nommé Richard Paterson peut tuer son amie et prétendre qu’elle s’est « accidentellement » étouffée avec son pénis durant une fellation.

Que l’on parle d’homicide involontaire, de situation compréhensible ou de peine capitale, c’est idéalisé comme un divertissement…

MAIS :

Le meurtre demeure principalement la prérogative des mâles, comme en témoignent ces statistiques étatsuniennes :

  • Meurtres liés au sexe : 93,6%
  • Meurtres liés aux gangs : 98,3%
  • Meurtres liés à la drogue : 95,5%
  • Meurtres en milieu de travail : 91,3%
  • Meurtres à l’arme à feu : 91,3%
  • Meurtres à victimes multiples : 93,5%

Et ils trouvent encore de nouvelles façons de tuer. Une femme au Japon a été essentiellement assassinée lors du tournage d’une scène d’« éjaculation collective » dans un film pornographique. Cause de la mort : elle a été noyée de sperme.

Nous cachons cette réalité sous des « urgences » comme la pollution, les changements climatiques et l’écocide …

MAIS :

Alors que vous parcourez distraitement cet article, il y a un prédateur sexuel masculin quelque part en train d’amadouer une femme enceinte pour éventuellement pouvoir violer son nouveau-né.

Des hommes passent des ententes avec des chauffeurs de taxi pour ramasser des jeunes femmes et, au lieu de les conduire à destination, les livrer à des trafiquants de chair humaine qui les condamneront à une vie d’esclave de la méga-industrie mondiale du viol lucratif que constituent la prostitution et la pornographie.

Au moment où vous lisez cela, il y a des hommes qui cherchent activement un barman pour lui proposer de glisser la drogue du viol dans la boisson d’une femme pendant une fête. Pendant ce temps, dans une fraternité étudiante, nul besoin de tel secret puisque les étudiants masculins possèdent déjà un guide public à disposition pour violer leurs camarades de classe alcoolisées.

En ce moment même, un mec est en train de monter l’escalator d’un centre commercial, en tournant subrepticement des vidéos de « sous la jupe ». Un autre type se sert de l’application Tinder pour prendre rendez-vous avec une femme qu’il filmera ensuite en caméra cachée lorsqu’elle se rendra à la salle de bain et s’habillera. Un troisième gars enfile une robe et une perruque pour accéder à des toilettes de femmes et filmer les filles et les femmes qui les utilisent. Toutes ces vidéos seront immédiatement téléchargées sur des pages Tumbler facilement accessibles, après quoi elles seront rebloguées et visionnées des dizaines de milliers de fois pendant des décennies.

Les généraux, les seigneurs de la guerre, les élus et les despotes tiennent des réunions pour discuter où et comment utiliser le viol systématique comme arme de guerre. Cette tactique a été employée par des groupes d’hommes allant des milices locales paramilitaires aux armées les plus grandes et les mieux financées de la planète.

Pendant ce temps, pour beaucoup trop de femmes, éviter la violence masculine constitue leur démarche la plus coûteuse

Nous pourrions astucieusement rassembler ces faits cauchemardesques sous l’étiquette d’« humanité », mais cela pourrait être le choix le plus trompeur de tous.

Car ce sont les hommes en tant que classe qui sont les prostitueurs, les violeurs, les apologistes du viol, les prédateurs, les pornographes, les exploiteurs, les oppresseurs, les assassins. Mais ce sont les « êtres humains » que nous qualifions de virus, en faisant des blagues à propos de la planète Terre « qui a un grave problème d’humanité ».

Si nous voulons vivre dans un monde meilleur, nous devons nommer ouvertement et avec ténacité le véritable problème : celui des HOMMES. Nous sommes le problème : le patriarcat, la suprématie masculine, la violence masculine, la misogynie et toutes les structures institutionnelles créées pour maintenir et occulter ce système nécrophile.

Si nous, les hommes, voulons vivre à la hauteur des étiquettes que nous nous collons – comme activistes, révolutionnaires, radicaux, alliés et camarades – le chemin est très clair. Si nous voulons simplement être de meilleurs amis, fils, pères, maris, copains, collègues de travail, camarades de classe, associés, etc., il nous faut accomplir presque tout le travail initial et réaliser (de loin) les plus grands changements et engagements.

A ce titre, j’aimerais revenir à ma liste de 10 manières simples dont les hommes peuvent faire appel à leur sens moral et entamer cette démarche dès maintenant :

  1. Ne commettez pas de viols et ne propagez pas de justifications du viol (99,8% des personnes en prison pour viol aux États-Unis sont des hommes et aucun de ces violeurs n’a commis son atrocité parce que la victime « a couru après »).
  2. Ne tuez pas de femmes (ou d’hommes ou d’enfants ou, fondamentalement, qui que ce soit).
  3. Ne soyez pas un pédophile.
  4. N’agressez pas physiquement ou psychologiquement votre partenaire.
  5. Ne vous masturbez pas à l’aide de pornographie ; ne laissez pas les garçons avoir accès à de la pornographie.
  6. Ne soyez pas un prostitueur ; n’acceptez pas les mantras postmodernes concernant les femmes et les filles prostituées et leur « choix », et n’érotisez pas la douleur, la peur et la honte par le biais du sadomasochisme et de la perversion.
  7. Ne dites pas de blagues misogynes ou n’utilisez pas un langage misogyne et ne permettez pas à d’autres hommes de le faire en votre présence.
  8. N’harcelez pas, ne sifflez pas, ne matez pas les femmes ; ne jouez ni à mecspliquer ni à couillonner l’espace.
  9. Ne dites jamais « tous les hommes ne sont pas comme ça » et ne participez pas aux inversions réactionnaires patriarcales.
  10. Ne pénétrez pas dans les espaces non mixtes réservés aux femmes.

Bonus : ne soyez pas trop fier de vous-même si vous respectez ces directives de base, car elles sont le b-a ba de ce que peut faire tout homme pour défier les rôles de genre prescrits.

Je le répète : C’est-le-strict-minimum-de-ce-que-nous-devons-faire.

Et maintenant que nous savons quoi ne PAS faire, voici quelques suggestions de choses à FAIRE :

  • Écoutez, validez, respectez, appréciez, faites confiance, défendez et apprenez des femmes.
  • Apprenez à vous taire, à vous retirer des projecteurs, de la scène, du microphone, de l’estrade.
  • Faites le travail de vous éduquer et d’apprendre à reconnaître les causes les plus profondes du problème, ses racines.
  • Engagez-vous à traiter et à abandonner toute la socialisation et le privilège qui accompagnent automatiquement le fait d’être né mâle.
  • Rejetez le paradigme de la masculinité et arrêtez de vous conformer aux idéaux et au conditionnement machistes.
  • Identifiez. Désapprenez. Évoluez. (Chaque jour, tous les jours.)
  • Transmettez ce que vous apprendrez aux garçons et aux jeunes hommes pour leur donner une chance réelle de s’améliorer.

Encore une fois : nous devons tous nommer le problème, encore et encore.

Nous les hommes devons le faire jusqu’à ce que nous cessions d’être le problème et que nous cessions de transférer le problème à la génération suivante.

Tout le reste n’est que distraction, déni et auto-illusion.

Traduction : TRADFEM

Version originale : http://worldnewstrust.com/there-will-be-no-progress-until-we-name-the-problem-mickey-z

Mickey Z. est le fondateur de l’organisme Helping Homeless Women – NYC, qui offre un soutien direct aux femmes de la rue à New York. Pour l’aider à développer ce projet, CLIQUEZ ICI et faites un don maintenant. Et svp diffusez ce message !

Le texte « There will be no progress until we NAME THE PROBLEM » de Mickey Z. est sous licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 4.0 International License.
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