Archives du mot-clé Violences

Mickey Z : Rien ne changera tant que nous refuserons de NOMMER LE PROBLÈME.

Par Mickey Z (World News Trust)

[Avertissement : Cet article traite de violences graves]

 

Nous lui donnons toutes sortes de noms. Des noms comme la violence, la guerre, le terrorisme et l’oppression …

MAIS :

Ce sont des hommes qui sont responsables de 90% des agressions violentes, de 95% de la violence au foyer et entre partenaires et aussi de 95% des sévices sexuels sur enfants.

Des hommes déchirent des poules vivantes pour ensuite les agresser sexuellement.

Un homme comme Frank Yeager dresse une liste de 200 cibles – des femmes agents immobiliers qu’il envisageait de violer – parce que, comme il l’a dit, « j’aime vraiment la chasse ».

Des femmes comme celle-ci sont violées et victimes de traite dès l’âge de 7 ans.

Des hommes prennent plaisir et fierté à retirer leur préservatif au moment de rapports sexuels.

Les femmes de la Caroline du Nord ne peuvent légalement mettre fin à un rapport sexuel une fois celui-ci entamé.

Des poupées sexuelles infantiles (sic) de la taille de fillettes de 3 ans se vendent comme des petits pains dans le monde entier.

Un homme de 32 ans, Benjamin Taylor, vient de violer et assassiner la fillette de 9 mois de son amie.

Nous nous accrochons à des euphémismes comme : le fascisme, le communisme, le capitalisme, le libertarisme, le totalitarisme, le socialisme, etc.

MAIS :

Les hommes s’accaparent ouvertement les idées et les réalisations des femmes et les revendiquent comme étant les leurs.

Des hommes vont violer en bande une femme et assassiner son bébé.

Un homme va coller les parties génitales de son épouse sous prétexte qu’elle a « aimé » un message Facebook, et il s’en sort avec une amende de 10$.

La culture du viol est tellement normalisée que des hommes diffusent des viols en direct sur Internet.

Un homme nommé Richard Paterson peut tuer son amie et prétendre qu’elle s’est « accidentellement » étouffée avec son pénis durant une fellation.

Que l’on parle d’homicide involontaire, de situation compréhensible ou de peine capitale, c’est idéalisé comme un divertissement…

MAIS :

Le meurtre demeure principalement la prérogative des mâles, comme en témoignent ces statistiques étatsuniennes :

  • Meurtres liés au sexe : 93,6%
  • Meurtres liés aux gangs : 98,3%
  • Meurtres liés à la drogue : 95,5%
  • Meurtres en milieu de travail : 91,3%
  • Meurtres à l’arme à feu : 91,3%
  • Meurtres à victimes multiples : 93,5%

Et ils trouvent encore de nouvelles façons de tuer. Une femme au Japon a été essentiellement assassinée lors du tournage d’une scène d’« éjaculation collective » dans un film pornographique. Cause de la mort : elle a été noyée de sperme.

Nous cachons cette réalité sous des « urgences » comme la pollution, les changements climatiques et l’écocide …

MAIS : Lire la suite

John Stoltenberg : Sexualité masculine — ce qui rend sexy la possession d’autrui.

John Stoltenberg : Sexualité masculine — ce qui rend sexy la possession d’autrui.     

 

Il semble que les hommes, en général, préfèrent utiliser leur raison à justifier les préjugés qu’ils ont assimilés sans trop savoir comment, plutôt qu’à les déraciner.

– Mary Wollstonecraft, Défense des droits de la femme[1]

Je soupçonne que si Mary Wollstonecraft vivait encore, elle trouverait ses propres mots écrits en 1792 d’une déconcertante actualité. Après tout, Wollstonecraft était une pionnière dans la recherche de l’égalité sexuelle — et aucun d’entre nous n’a encore atteint cette égalité. À vrai dire, il semble que la justification par les hommes de leurs préjugés soit toujours la tendance dominante du discours social. Ainsi, en hommage à l’héritage de Wollstonecraft, je voudrais essayer de déraciner un des préjugés qui subsistent dans la suprématie et la sexualité masculines — un préjugé précis et bien intégré sans lequel le viol et la prostitution seraient inimaginables.

J’appelle ce préjugé l’érotisme de possession.

Nous avons beaucoup d’indices indirects de l’existence de cet érotisme. Par exemple, à travers les témoignages des femmes qui sont ou ont été appropriées sexuellement dans le mariage, forcées dans le viol, et/ou sexuellement utilisées contre de l’argent dans la prostitution, il s’avère que pour beaucoup d’hommes, la possession est un élément central de leur comportement sexuel. Beaucoup d’hommes peuvent à peine éprouver de sentiment érotique s’il n’est pas associé à la possession du corps d’autrui.

En anglais, comme dans beaucoup d’autres langues, le verbe posséder signifie à la fois « être propriétaire de » et « baiser », et cette coïncidence sémantique n’est visiblement pas un hasard. Beaucoup d’hommes mettent apparemment dans le même sac le comportement sexuel normal « masculin » et l’appropriation littérale du corps d’un autre être humain. Lire la suite

Violences sexuelles commises par des professionnels de santé : Hippocrate phallocrate ?

[L’article plus bas est de Marilyn Baldeck, déléguée générale de l’Association européennebando_home contre les Violences faites aux Femmes au Travail (AVFT). Cette association organise régulièrement des campagnes de solidarité pour des victimes de violences, on peut y participer ici. Merci à l’auteure pour l’autorisation à republier son article. Source : ici]

par Marilyn Balbeck

Le 5 novembre 2013, la Dre Muriel Salmona m’avait invitée, dans le cadre du colloque « Violences et soins » organisé par l’association Mémoire Traumatique et Victimologie, à présenter les analyses de l’AVFT sur le thème des violences, notamment sexuelles, commises par les professionnels de santé.

Le 29 novembre 2013, lors du colloque sur la santé des femmes organisé par l’association Gynécologie Sans Frontières au Palais du Luxembourg, j’ai été invitée à répondre à la question : « Les violences sexistes au travail, qu’attend-on des soignants ? ». J’en avais profité pour rappeler que le secteur médical était parmi ceux dans lequel on retrouvait le plus d’agresseurs sexuels et pour dire, en substance, qu’on attendait a minima des médecins qu’ils n’agressent pas sexuellement leurs patientes et ne couvrent pas les violences commises par leurs confrères, avant même de leur demander de détecter les victimes et de les soigner. Cette présentation avait été diversement appréciée par un public essentiellement composé de soignant.es. Mme Irène Kahn-Bensaude, pédiatre, vice-présidente du Conseil National de l’Ordre des Médecins et présidente du Conseil de l’Ordre de Paris avait déclaré, sans craindre d’être totalement indécente vis-à-vis des femmes réellement victimes de violences qui étaient au cœur de ce colloque et dont certaines étaient dans la salle, qu’elle avait « subi des violences ce matin, en tant qu’ordinal(e)1 ». Elle faisait référence aux propos que j’avais tenus sur la prévalence des violences sexuelles dans le secteur de la santé et sur la protection des médecins agresseurs par leur ordre professionnel. Le Professeur Henrion (Rapport Henrion, 2001), qui était mon voisin de gauche à la tribune, avait salué mon intervention… mais en aparté, tout de même pas au micro.

En 2014, l’AVFT a été sollicitée par les membres de la mission, chargée par Mme Marisol Touraine, ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, de préconiser des améliorations sur la prise en charge médicale des femmes victimes de violences. Une nouvelle occasion d’évoquer la question des violences sexuelles commises par les professionnels de santé à l’encontre de patientes ou de salariées.

J’ai enfin eu le plaisir de participer à une conférence du cycle de formation de l’Université des femmes sur « les femmes, leurs soins, leurs médecins », le 5 décembre 2014 à Bruxelles, spécifiquement sur les violences sexuelles exercées dans le cadre de la relation médecin/patientes2.

Les lignes qui suivent synthétisent ces différentes interventions.

Les soignants ont la double particularité d’être des maillons essentiels de la chaîne du dévoilement des violences – ils sont régulièrement les premiers à qui les femmes victimes de violences parlent – et d’être trop souvent des acteurs du « système agresseur », quand ils ne sont pas eux-mêmes les agresseurs. Ceci est loin d’être un paradoxe. Les agresseurs ont en effet tout intérêt à avancer masqués pour éviter d’être dénoncés et, quand ils le sont, à ce que les plaignantes ne soient pas crues. Le statut de médecin est un camouflage presque parfait et l’exercice de la médecine offre des « opportunités » idéales d’emprise, d’accès au corps permettant une confusion volontairement entretenue entre gestes médicaux et agressions sexuelles, de création d’une dépendance et de manipulation, qui s’ajoutent aux stratégies habituelles des agresseurs.

Dans les « dossiers » de l’AVFT, les victimes sont des patientes, des salariées de ces soignants (secrétaires médicales, assistantes dentaires…), et peuvent parfois être les deux à la fois, ce qui pose déjà de notre point de vue un sérieux problème déontologique. Certaines sont des étudiantes en médecine et accusent un « professeur des universités – praticien hospitalier ». Elles peuvent aussi être des consœurs, et dans cette hypothèse sont souvent de nationalité étrangère avec un statut précaire. Lire la suite

Prostitution et engagement proféministe

[J’avais proposé une version de l’article suivant à une revue papier, de tendance plutôt marxiste, matérialiste – d’où certaines préoccupations dans le contenu de mon texte – comme finalement il n‘y sera pas publié, je l’affiche ici. Je tiens à remercier pour leur relecture attentive : quelques anonymes, Mélanie Jouitteau, Martin Dufresne, Pierre-Guillaume Prigent et plus particulièrement Gloria Casas Vila, qui est à l’origine de ce texte. Cet article leur doit énormément. Le contenu reste de ma seule responsabilité. (L’article en format pdf: prostitution-engagement proféministe)

yeun l-y]

L’abolition de la prostitution est un projet défendu depuis des décennies par de nombreuses féministes. Il n’a cependant pas eu bonne presse ces dernières temps, y compris à gauche (Chollet, 2014). Les féministes abolitionnistes ont obtenu très peu d’espaces pour exprimer leurs analyses dans la plupart des revues de critique sociale, contrairement aux adeptes du « travail du sexe ». Malgré tout, certains présupposés de ces adeptes commencent à voler en éclats.

Le rôle des hommes de gauche a rarement été analysé par d’autres hommes de gauche, « proféministes » ou « antimasculinistes ». Cet article souhaite partiellement combler ce manque. La méthode consistera ici a revenir sur certains arguments avancés par des hommes qui défendent le « travail du sexe » et plus particulièrement certains arguments d’un ouvrage récent : Les luttes des putes de Thierry Schaffauser. Je me sers de ce livre car il me semble représentatif d’un certain militantisme, dirigé par la classe des hommes1. L’auteur connaît le féminisme et s’oppose à une supposée « morale puritaine » qui y sévirait. Il s’agira de voir si son approche s’inscrit dans une démarche proféministe. Je n’ignore pas qu’une partie destéléchargement féministes s’inscrit dans une démarche « pro-travail du sexe » et que Schaffauser peut s’en inspirer. J’utilise son ouvrage comme prétexte pour dessiner en creux des pistes pour un « engagement proféministe ».

L’auteur se range au côté de ceux qu’il nomme très sérieusement les « garçons transpédégouine » et s’attribue le qualificatif de « pute »2. Son travail prioritaire consiste à défendre vertement le groupe dont il est un des représentants, le Strass – lobby mixte qui défend la notion de « travail sexuel »3.

Mes propos pour l’ensemble répéteront nombre d’arguments des féministes radicales. Je ne prétends pas leur apporter du neuf. Cependant, je trouve important de les réitérer auprès d’un lectorat qui professe ou entend régulièrement des affirmations comme : « Le féminisme est devenu un pouvoir aussi tyrannique que le patriarcat qu’il combat » (Berréby et Vaneigem, 2014: 290).

En fin d’article, c’est en tant que professionnel du soin – aide-soignant – que je discuterai un aspect particulier défendu dans son livre : le fait que l’activité prostitutionnelle relèverait d’une forme de care.

Le refus du système prostitutionnel comme disemporwerment (perte de pouvoir) des hommes

L’approche défendue ici est qu’un engagement « proféministe », c’est à dire un engagement d’hommes contre le pouvoir individuel et collectif des hommes, implique un activisme contre le système prostitutionnel. Je précise néanmoins que j’ai longtemps été empêtré dans des approches que je qualifie désormais de libérales : des approches qui s’attachent à militer contre les normes plutôt que contre les hiérarchies, qui confortent le spectacle de représentations consommables, et qui favorisent l’illusion d’avoir détaché l’individu de la société par la performativité individuelle. Je les qualifie de libérales car elles promeuvent une idée de la liberté qui nie les rapports de forces existants et renforcent ainsi les dominants. La liberté n’y est pas pensée en rapport avec l’égalité. Cette approche libérale me semble aujourd’hui incompatible avec l’engagement proposé ici, qui coïncide plutôt avec ce que Francis Dupuis-Déri a désigné sous le nom de disempowerment :

« Le disempowerment des hommes (…) [implique de réduire notre capacité d’agir] en tant qu’hommes et donc en tant que membres de la classe dominante et privilégiée dans le patriarcat. L’engagement des hommes dans un processus individuel et collectif de disempowerment consiste à réduire le pouvoir que nous exerçons individuellement et collectivement sur les femmes, y compris les féministes ». Lire la suite

La prostitution et la valeur commerciale des jeunes

par Rachel Moran

[L’article suivant est extrait du livre: Elles ont fait reculer l’industrie du sexe ! Le modèle nordique, sous la direction de Trine Rogg Korsvick et Ane Stø. C’est une co-édition M-éditions (2014) et Syllepse, collection Nouvelles Questions Féministes (début 2015). Je remercie ces deux éditions et le traducteur pour l’autorisation de republication.]elles ont fait reculer...

Les gens qui affirment que la prostitution serait libre de toute coercition, traite, exploitation des mineures, bref, de tout ce qui l’empêche d’être une sorte de bacchanale licensieuse et transparente n’impliquant que des adultes consentants,  passent sous silence un aspect réel et essentiel du système prostitutionnel: la question de la valeur commerciale des jeunes.

Tout comme dans certains véritables secteurs d’emploi, comme la mode ou la danse professionnelle, la jeunesse est un attribut hautement prisé. Or, contrairement au travail de mannequin ou à la danse, la jeunesse en prostitution est valorisée beaucoup plus que la beauté et la fluidité de mouvement. Pour être la plus recherchée dans cette industrie, vous n’avez pas besoin d’être la plus jolie fleur du parterre – il vous suffit de faire partie des plus fraîches. Et ce que vous pouvez faire ou pas avec votre corps ne compte pas. La seule chose qui importe, c’est qu’il n’a pas été de ce monde bien longtemps.

L’une des questions les plus fréquemment posées par les hommes qui font appel à un bordel, c’est « Quel âge a la plus jeune de vos filles? » Je ne peux pas vous dire combien de fois on m’a posé cette question. Je défie quiconque ayant été préposé à l’accueil d’un bordel d’oser me mentir en soutenant que ce n’est pas la question la plus fréquente qu’on lui ait posée, à elle aussi.

La valeur commerciale des jeunes fait si profondément partie du système prostitutionnel que les femmes mentent régulièrement sur ​​leur âge pour essayer de racoler plus de clients. Ceux-ci le savent, bien sûr, et si les femmes se rajeunissent de quelques années, de leur côté, les clients en rajoutent : « J’ai vingt-six ans, je vais lui dire vingt-trois » / « Vingt-trois ans ? Cela veut dire vingt-six. »

Personne ne trompe personne ici, et cette pathétique mascarade ne sert qu’à révéler le sens de ces petits mensonges. Ce que cela démontre, bien sûr, c’est que les hommes qui achètent des corps pour du sexe veulent habituellement acheter les corps les plus jeunes possible.

L’année dernière, la BBC a signalé que des prostituées de 13 ans faisaient le trottoir à Swindon, dans le comté du Wiltshire. « Revenez durant le week-end et vous trouverez ici des filles de 13 à 19 ans », a déclaré une femme prostituée aux journalistes.

Quand je lis de tels comptes rendus, je ne peux que soupirer, imaginant d’avance l’indignation des gens. Cette indignation me tue, qu’elle soit authentique ou pas. Parce que si elle l’est, cela prouve que nous avons du chemin à faire pour éduquer les gens à la réalité de la prostitution. Et si elle ne l’est pas, eh bien, c’est une preuve de plus à ajouter au tsunami d’informations sur cette question: jusqu’où certaines personnes sont-elles prêtes à aller pour contrecarrer tout examen réaliste du système prostitutionnel ? Lire la suite

Ce que j’attends des progressistes : de la solidarité, bordel !

[FEM_CURRENT_logoL’article suivant est tiré du site Feminist current que Meghan Murphy – l’auteure – a fondé. Si vous êtes anglophone, je vous invite vivement à y aller jeter plus qu’un oeil.]

*

*

Donc, vous vous targuez d’être « progressiste ». Peut-être vous qualifiez-vous d’« allié ». Vous savez des choses sur les mouvements sociaux, sur l’activisme et vous faites du lyrisme sur la révolution, la justice et la solidarité. Vous êtes contre la pauvreté, la gentrification, la guerre, le capitalisme, la mondialisation et la grande entreprise. Vous vous qualifiez de colon parce que vous êtes sur un territoire qui n’est pas le vôtre – territoire que vos ancêtres ont volé à des populations qu’ils ont violées, maltraitées et essayé de détruire. Vous parlez de votre privilège : votre privilège masculin, votre privilège blanc, votre privilège cis, votre privilège de classe, votre privilège de personne mince, votre privilège merdique de crâne non-dégarni. Quel qu’il soit – vous l’avez répertorié. Pas un ne manque. Vous les avez tous mis sur votre profil Twitter. On comprend que vous avez compris. Félicitations, vous êtes radicaux.

Et si vous faisiez preuve de solidarité?

Je demeure choquée par le peu d’importance de la vie des femmes aux yeux des progressistes. Vous semblez capables de vous situer intellectuellement par rapport à tout (ou du moins, c’est ce que vous prétendez)… sauf l’oppression des femmes. Maintes et maintes fois, je remarque que des femmes quittent des conjoints agresseurs, pour voir tout de même ceux-ci acclamés comme progressistes et radicaux par d’autres hommes et femmes, en conservant le soutien de leurs communautés. Les femmes sont continuellement trahies par ceux qui sont censés être leurs alliés. Et ça fait mal, bordel !

Je ne pense pas que la plupart des hommes savent ce que ça fait. Lire la suite

Encore plus d’inégalités et de risques pour les femmes et les enfants victimes de violences

Contre la proposition de loi relative à l’autorité parentale et à l’intérêt de l’enfant N°1856

*

Est-ce une méconnaissance de la situation des victimes de violences conjugales ou les enfants victimes de violences intra familiales? Nous ne savons plus quoi penser des propositions législatives qui se penchent sur le sort des familles séparées. Une fois encore, ce texte a été rédigé dans la rapidité, (déposé le 1er avril, il sera examiné en première lecture à l’Assemblée Nationale le 19 mai), sans prendre en compte les urgences de terrain rapportées par les associations féministes depuis des années maintenant, et sans prioriser les garde-fous pour les victimes de violences conjugales et leurs enfants.


Les associations signataires, indiquent leur ferme opposition au texte proposé par les député-e-s Bruno LE ROUX, Marie-Anne CHAPDELAINE, Erwann BINET, Barbara POMPILI, François de RUGY, Véronique MASSONNEAU, et l’ont fait savoir lors de récentes audiences, ainsi qu’au Ministère des Droits des Femmes, au Secrétariat d’Etat à la famille et à la Délégation des Droits des Femmes à l’Assemblée Nationale.fnsf-logo3919-small


Nous demandons à Mesdames et Messieurs les Sénatrices et Sénateurs , à Mesdames et Messieurs les député-e-s et au gouvernement de ne pas acter ce texte qui est contraire aux préconisations de la Convention d’Istanbul (Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique) que la France est en passe de ratifier. Il vient en particulier en contradiction avec son article 31 qui préconise une législation plus protectrice pour les victimes de violences au sein des couples et leurs enfants.
Lire la suite

Prendre le Droit : Sous-tenez / adhérez à nos combats féministes !

Prendre le Droit – Féministes pour un monde sans viol[s]*est une association indépendante qui a pour champ d’action et de réflexion la lutte contre les violences masculines exercées à l’encontre des femmes.

Elle dénonce et combat en priorité les violences « sexuelles » en puisant dans les compétences, savoir-faire, analyses et outils conçus ou inspirés par le mouvement féministe. Les moyens de ce combat sont notamment :

 *

La mise à nu du caractère patriarcal du droit français et la critique du traitement judiciaire des violences masculines exercées à l’encontre des femmes

 *

L’intervention aux côtés des victimes, majeures et mineures, quel que soit leur sexe

 *

La sensibilisation, la formation, le transfert et l’échange de compétences et savoir-faire sur l’accueil et l’accompagnement des victimes de violences « sexuelles » avec les professionnel.les concerné.es

 *

La sensibilisation au respect du désir et de la volonté de sa/son partenaire et de soi-même.

 *

* Englobe ici toute forme d’atteintes physiques et psychiques à caractère sexuel même sans pénétration

 *

Prendre le droit est une association résolument féministe qui lutte contre le violarcat, système de domination exercé par les hommes en soumettant les femmes et les enfants aux violences « sexuelles ».

Lire la suite

Démystifier le Mouvement de Défense Des Hommes

[La traduction suivante a été effectuée par la collective Tradfem, avec l’autorisation de l’auteur, Owen Lloyd. Afin d’exporter la pertinence de son texte à la France, Tradfem a ajouté des données dans les notes de bas de pages.]

*

mens-rights-activists2

Les militants des droits des hommes: Des hommes qui se plaignent de problèmes causés par d'autres hommes et qui rejettent la responsabilité sur le féminisme d'une façon ou d'une autre.
*

Ce qui suit est une réponse à une liste de propos et arguments classiques présentés par les activistes des droits des hommes.

*

    1 . LE SUICIDE : le taux de suicide des hommes est 4,6 fois plus élevé que celui des femmes. [26 710 hommes pour 5 700 femmes, selon le Département Health & Human Services]

Ce n’est pas faute d’avoir essayé : les femmes tentent de se suicider trois fois plus souvent que les hommes 1. Les chercheur-es ont constaté que la socialisation différente des sexes est l’explication la plus pertinente du succès relatif des hommes dans leurs tentatives de suicide. Aux États-Unis par exemple, il a été démontré que les tentatives de suicide non-abouties sont considérées comme « féminines » alors que les réussites sont considérées comme masculines. En d’autres termes, la peur d’être étiqueté « féminin » ou « faible » dans une culture de suprématie masculine encourage les hommes à s’assurer que leurs tentatives aboutissent2. La statistique donnée ici masque aussi que beaucoup de ces « suicides » étaient en fait des meurtres-suicides. Aux États-Unis, on estime que 1.000 à 1.500 personnes meurent dans des attaques-suicides de ce genre chaque année3. Plus de quatre-vingt dix pour cent des criminels sont des hommes ; presque toutes les victimes sont des femmes4.

*

    2 . L’ESPÉRANCE DE VIE : l’espérance de vie des hommes est de 7 ans inférieure à celle des femmes [les hommes : 72,3 ans ; les femmes : 79 ans, selon le National Center for Health Statistics], et ils reçoivent seulement 35 % des dépenses publiques de soins et de frais médicaux.

Voilà une curieuse déclaration. Si les femmes vivent 7 ans de plus que les hommes, il devrait être évident qu’elles reçoivent plus d’aide de soins : car les personnes les plus âgées sont celles qui ont le plus besoin d’être prises en charge par la collectivité, et les personnes les plus âgées sont majoritairement des femmes. Par ailleurs, le secteur des assurances fait payer chaque année 1 milliard de dollars de plus aux femmes pour accéder à l’assurance maladie, pour les mêmes niveaux de couverture que ceux reçus par les hommes5, et jusqu’à 53 % de plus pour le même régime de protection individuelle6, malgré une meilleure santé globale des femmes, et en dépit du fait que leur revenu est 23 % inférieur à celui des hommes7.

*

    3 . LA GUERRE : les hommes sont quasi-exclusivement les seules victimes des guerres. [Les pertes au Vietnam : 47 369 hommes contre 74 femmes, selon le Département Défense]

La première chose à dire, c’est que si les appelés envoyés dans les guerres d’agressions impériales peuvent être parfaitement appelés « victimes », ils sont alors victimes de ceux qui sont responsables des guerres dans lesquelles ils se sont battus. Et ceux qui sont responsables sont des hommes. Tous les présidents et vice-présidents ont été des hommes. Tous les membres du bureau de l’état major ont été des hommes. Les deux branches du Congrès ont toujours été dominées par les hommes. Les sondages réalisés depuis le Vietnam montrent que ce sont les hommes qui ont soutenu ces derniers pour entrer en guerre, et qu’ils sont les plus enclins à soutenir les guerres en cours8. A chaque niveau d’analyse, ce sont des hommes qui sont responsables des guerres, et blâmer de quelque manière les femmes pour les morts au front est non seulement ridicule, mais aussi insensé. Si nous voulons mettre fin à ces morts, nous devons arrêter ceux qui en sont responsables : les hommes politiques, les militaires, les entrepreneurs de guerre, et les propagandistes qui les perpétuent. Lire la suite

L’antiféminisme (extraits)

[Plus bas, un extrait du livre Les femmes de droite d’Andrea Dworkin, publié par les éditions du remue-ménage. indexC’est à ce jour le seul ouvrage de cette féministe radicale américaine traduit. Il est en vente ici: Violette & Co. Les extraits qui suivent sont tirés du dernier chapitre intitulé « L’antiféminisme ».

Les femmes de droite est un livre d’autant plus puissant qu’il est précédé d’une préface où Christine Delphy explicite entre autres les divergences entre le queer et le féminisme radical.

Un ouvrage, riche, à lire.

Des articles d’Andrea Dworkin ont été aussi publiés dans l’anthologie Pouvoir et violence sexiste (Éditions Sisyphe). ]

Le féminisme est une philosophie politique qui suscite beaucoup de haine. C’est vrai dans tout le spectre politique reconnaissable défini par les hommes, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche. Le féminisme est haï parce que les femmes sont haïes. L’antiféminisme est une expression directe de la misogynie ; c’est l’argumentaire politique de la haine des femmes. Il en est ainsi parce que le féminisme est le mouvement de libération des femmes. L’antiféminisme, dans l’une ou l’autre de ses familles politiques, soutient que la condition sociale et sexuelle des femmes incarne essentiellement (d’une manière ou d’une autre) leur nature, que la façon dont les femmes sont traitées dans le sexe et dans la société est conforme à ce que sont les femmes, que la relation fondamentale entre les hommes et les femmes – dans le sexe, la reproduction et la hiérarchie sociale – est à la fois nécessaire et inévitable. L’antiféminisme soutient la conviction que la violence infligée aux femmes par les hommes, en particulier dans le sexe, possède une logique implicite qu’aucun programme de justice sociale ne peut ou ne devrait éliminer; et que puisque l’utilisation que les hommes font des femmes découle de leurs natures distinctes et opposées qui convergent dans ce qu’on appelle « le sexe », les femmes ne sont pas violentées quand on les utilise en tant que femmes, mais simplement utilisées pour ce qu’elles sont par les hommes en tant qu’hommes. On reconnaît qu’il existe certains excès de sadisme masculin – commis par des individus dérangés, par exemple – mais en général, l’avilissement massif des femmes n’est pas perçu comme une violation de la nature des femmes en tant que telles. Par exemple, la nature d’un homme serait violée si quelqu’un pénétrait son corps de force. Mais le même incident ne transgresse pas la nature d’une femme, même si cela lui a fait mal. La nature d’un homme ne provoquerait pas qui que ce soit à pénétrer son corps de force. Mais la nature d’une femme provoque une telle pénétration – en outre, une blessure ne prouve pas qu’elle ne voulait pas cette pénétration ou même cette blessure, puisqu’il est dans sa nature de femme de désirer être pénétrée de force et blessée de force. Une femme est violée toutes les trois minutes aux États-Unis, selon des estimations conservatrices, et dans chacun de ces viols, c’est la nature de la femme et non l’acte de l’homme qui est mise en cause. Il n’y a assurément aucune reconnaissance sociale ou juridique du viol comme acte de terrorisme politique. Lire la suite

Contre la dynamique incestueuse des familles : les intellectuels au secours de la pédophilie. Le temps des années 1970

[Plus bas, un autre article tiré du même ouvrage coordonné par Dorothée Dussy: L’inceste, bilan des savoirs, publié aux éditions La Discussion en janvier 2013. Cet article est écrit par  l’historienne Anne-Claude Ambroise-RenduIncesteBilanDesSavoirs. J’ai choisi de le reproduire car il renseigne sur cette période qu’on appelle la « libération sexuelle » et qu’il permet  de relativiser les connotations progressistes qui y sont attachées. On y croise des libertaires, le journal  Libération ou encore un futur prix Renaudot. Et concernant la pédophilie, on y lit que les libérateurs-libérés se caractérisent surtout par un engagement réactionnaire, contre-révolutionnaire: une défense du pouvoir masculin, une demande d’extension de la disponibilité sexuelle des dominé-es à l’égard des dominants, l’expression d’une misogynie décomplexée et un aveuglement confortable sur les rapports de pouvoir et les violences exercées. Autant d’actes – constitutifs et producteurs de l’identité masculine – qui doivent cesser.

Ici, l’article appuie et  développe le constat effectué par Patrizia Romito dans Un silence de mortes – la violence masculine occultée: « Dans leurs écrits, les associations pédophiles revendiquent des objectifs nobles: libérer les enfants, mais aussi les gays et les lesbiennes, et les femmes en général, d’une société sexophobe et répressive. »(page233) Lorsqu’on lit les propos d’un Richard Gardner (l’inventeur du Syndrome d’Aliénation Parentale), on constate une continuité certaine avec les libérateurs-libérés pour présenter la pédocriminalité de façon positive, telle une évidence. L’éclairage sur les tactiques militantes masculines, posé ici par l’historienne, servira je l’espère à contrecarrer les discours libéraux toujours présents.

Un pdf de l’article est dispo en bas de page. Pour commander l’ouvrage où il figure, il suffit toujours d’envoyer 8€ en chèque à cette adresse: Editions La Discussion // 39 rue Léon Bourgeois // 13001 Marseille. Je remercie vivement les éditions La Discussion pour m’autoriser la republication de l’article.  ]

    L’aveu concernant les relations sexuelles entre adultes et enfants a été porté sur la place publique par des écrivains comme Gide et Montherlant dès l’entre-deux guerres. Il s’agissait pour ces écrivains de défendre publiquement des pratiques amoureuses en même temps qu’un projet littéraire centré sur la sincérité. Mais c’est à la deuxième génération de pédophiles1, que les médias qualifient parfois de néo-pédophiles2 qu’il reviendra d’adopter une posture militante dans le contexte d’une revendication générale sur le droit au plaisir.

    Les années de la décennie 1970 foisonnent d’idées neuves et témoignent quotidiennement de la volonté d’une partie active de la jeunesse de réexaminer toutes les questions relatives à la sexualité, à la différence des sexes, au droit qui régit ces questions sous un angle politique. C’est le temps d’un vaste mouvement de remise en question permanente et résolument critique qui n’épargne aucun sujet et emprunte toutes les formes possibles. Le grand réexamen ouvre ainsi des chantiers nouveaux au sein desquels toutes les formes de préjugés, d’a-priori et de conformisme sont soumises à la moulinette infatigable du questionnement.

    Au coeur de cet argumentaire, l’inceste occupe une place ambiguë : considéré par les uns comme une sexualité libérée, il est condamné par les autres qui y voient l’incarnation concrète de tous les abus de pouvoir susceptibles d’être perpétrés au sein de la famille et interrogé par certains comme le socle d’une répression tous azimuts de la sexualité enfantine. Lire la suite

Une justice masculiniste : le cas des affaires d’inceste

[IncesteBilanDesSavoirsJe reproduis plus bas un article de Dorothée Dussy, tiré du livre qu’elle a coordonné: L’inceste, bilan des savoirs. Cet ouvrage,  qui comprend une douzaine d’articles de fond, a été publié en 2013 aux éditions La discussion . Je vous invite vivement à envoyer la modique somme de 8€ par chèque, à l’adresse des éditions, afin de recevoir un exemplaire: Editions La Discussion // 39 rue Léon Bourgeois // 13001 Marseille. Je signale par ailleurs que Dorothée Dussy a également publié aux mêmes éditions le premier volume de sa trilogie consacré à l’inceste. Le berceau des dominations, LeBerceauDesDominationsc’est son titre, est une étude profonde et incisive sur les incesteurs, un travail remarquable et très utile. Il a été publié également chez La Discussion (8€ port compris, aussi).

Je remercie beaucoup les éditions La Discussion pour me permettre de reproduire l’article qui suit. (Un pdf  est dispo en bas de page.)  ]

Dans les affaires d’inceste1, le système judiciaire profite indubitablement au délinquant. C’est une exception aux systèmes de justices des pays occidentaux qui, tous, ont été marqués ces dernières décennies par l’amélioration de la reconnaissance des préjudices subis par les victimes d’actes criminels. On montrera ici qu’une telle exception a été rendue possible car le droit n’est pas neutre, et les délais de prescription des dépôts de plainte, l’administration de la preuve, ainsi que le quantum des peines infligées, sont indexés à une conception masculiniste de la sexualité, de la personne et de la famille. Au bout du compte, malgré une répression croissante des crimes sexuels sur le papier, les recours à la justice aboutissent rarement à la reconnaissance des abus sexuels. Selon les statistiques du Ministère de la Justice2, aux assises, 50 % des procès pour meurtres sont suivis d’une condamnation, et seulement 2 % des procès pour viol. Les affaires judiciaires (Boltanski, Claverie, Offenstadt et Van Damme, 2007) étant des moments de crise où magistrats et justiciables doivent justifier leurs paroles et leurs positions, les propos échangés autour des procès pour inceste sont des révélateurs de réel qui permettent, on le verra, de comprendre où s’enracine le décalage entre théorie et pratique de la justice. Lire la suite

Pirouettes rhétoriques, concepts farfelus, inversion des rôles, travestissement des réalités, et toujours le refus de l’égalité

[Voici plus bas, la recension du livre Contre le masculinisme, écrit par le collectif Stop masculinisme et dont j’avais déjà annoncé la sortie il y a quelques semaines.  Je remercie Didier Epsztajn pour tout son travail.]

Voici un petit livre qui mériterait une très large diffusion. Bien écrit, bien argumenté, sans simplisme ni évitement de questions dérangeantes, les auteur-e-s nous proposent des analyses et des contre-arguments face aux écrits et actions des masculinistes, de ceux qui refusent l’égalité réelle entre les êtres humains. Ces masculinistes entendent défendre leurs privilèges de dominants, les privilèges des hommes, dans les rapports sociaux de sexe (système de genre, patriarcat).couv Lire la suite

Parution prochainement: Ni silence, ni pardon – L’inceste : un viol institué

Jeanne Cordelier et Mélusine Vertelune: Ni silence, ni pardon – L’inceste : un viol institué.
Préface de Marie-France Casalis, cofondatrice du Collectif féministe contre le viol.

Près de 25 % des filles subissent une expérience à caractère sexuel avec un adulte avant l’âge de treize ans. Les deux tiers des victimes d’agressions sexuelles sont âgés de moins de dix huit ans. Dans 98 % des cas, l’agresseur est de sexe masculin, mais plus de 20 % des agresseurs sont âgés de moins de dix-huit ans. Et notre société érotise outrageusement les filles, ce qui n’est pas sans conséquence.
ni silence ni...Les récits de Jeanne Cordelier et de Mélusine Vertelune portent sur un type d’agression à caractère sexuel particulier, celui qui est défini comme incestueux. La fillette, qui en est victime, est complètement démunie, car une personne censée la protéger et l’aimer  l’agresse, en fait son objet sexuel. La plupart du temps, la fillette se tait, par honte, par peur, par soumission à son entourage, parce qu’elle sait qu’elle ne sera pas crue. Et si elle parle, on la fait taire. Ainsi, en toute impunité se perpètrent des crimes aux conséquences
dévastatrices sur les plans physique et psychologique.
Or, certaines, un jour, décident courageusement de briser le silence, un silence lourd, étouffant, accablant.
Mélusine Vertelune nous raconte sans fard ce qui a été son calvaire quand son frère plus âgé l’a agressée à répétition pendant de nombreuses années. Il ne peut être alors question de pardon, mais de solidarité contre les dominants, les agresseurs, les criminels. Lire la suite

Enseigner sur le fait d’être oppresseur: Quelques considérations personnelles et politiques

par Steven P. Schacht

  • Je crois que la vérité sur n’importe quel sujet n’apparaît que lorsque toutes les facettes de l’histoire sont mises ensemble, et lorsque leurs différentes significations s’éclairent mutuellement. Chaque écrivain rédige les parties qui manquent à l’histoire d’un autre écrivain. Et l’entière vérité, c’est ce que je suis après.

Walker 1983

 Des programmes de Women’s studies, d’études sur le sexe et le genre, ont été créés dans la grande majorité des écoles supérieures et des universités des États-Unis au cours des vingt-cinq dernières années. Bien que la création et la pérennité de ces programmes ont rencontré des résistances,ils ont également obtenu d’innombrables succès. Dans toutes les disciplines universitaires, les programmes de Women’s studies ont sérieusement remis en question les conceptions du genre, de l’ethnicité, de la classe et de la sexualité. Ils ont également revigoré des dialogues entre plusieurs champs d’études – dont beaucoup étaient depuis longtemps fatigués et pollués. En conséquence, il a été l’un des champs académiques qui s’est développé le plus vite. À bien des égards, les études de genre ont changé à jamais le visage du monde universitaire.

 Sans doute, une conséquence quelque peu latente mais néanmoins importante de cette transformation a été l’impact que ces Women’s studies (et du féminisme en général) ont eu sur des gens comme moi. Lire la suite

Pour en finir avec quelques faussetés au sujet d’Andrea Dworkin

(traduction modifiée et mise à jour le 12-5-2015)

Andrea Dworkin est antisexe.

FAUX. Ses premières œuvres de fiction sont particulièrement riches en relations amoureuses, aussi bien lesbiennes qu’hétérosexuelles – par exemple A simple story of a lesbian girlhood et First Love.

Andrea Dworkin considère que « le coït est une punition ».

FAUX. Cette phrase est simplement dite par un personnage dans son roman Ice and fire. Le personnage paraphrase Franz Kafka.

Andrea Dworkin est anti-lesbienne et vit avec un homme.

A MOITIE VRAI. Elle a vécu dès 1974 avec l’écrivain John Stoltenberg, dont l’article « Living with Andrea » (Vivre avec Andrea) est paru dans Lambda Book Report en 1994. Leur homosexualité était publique dès les années 19701. Dans un discours prononcé en 1975 lors d’un rassemblement pour la Semaine de la fierté lesbienne, Andrea a appelé son amour des femmes « le terreau dans lequel s’enracine ma vie ».

Andrea Dworkin considère que les femmes battues ont le droit de tuer leur agresseur. Lire la suite

Le sexisme de la gauche radicale et les femmes

par Ben Barker

Le critère qui définit une personne radicale est sa volonté d’examiner de façon honnête et critique le pouvoir, et plus particulièrement, les déséquilibres de pouvoir. Nous nous demandons: Pourquoi un groupe dispose-t-il de plus de pouvoir qu’un autre? Pourquoi un groupe peut-il nuire à un autre en toute impunité ? Pourquoi un groupe est-il libre tandis que l’autre ne l’est pas? Ce genre de questions a longtemps été utilisé par des radicaux afin d’identifier des situations d’oppression et de prendre des mesures à leur encontre.
Cette démarche semblait à la fois claire et efficace, jusqu’à ce que soit soulevée l’oppression des femmes. Autant la gauche radicale a su nommer avec persistance les nombreuses manifestations dégueulasses de la culture dominante, autant elle a ignoré, minimisé et nié celle que constitue le patriarcat. Bien qu’il soit généralement admis que le racisme a pour effet de terroriser les personnes de couleur, que l’hétérosexisme a pour effet de terroriser les lesbiennes et les gais, que le colonialisme a pour effet de terroriser les communautés traditionnelles et indigènes, que le capitalisme a pour effet de terroriser les pauvres du monde entier, et que l’industrialisation constitue de fait un terrorisme à l’égard de la terre, les radicaux de gauche ne peuvent, pour une raison ou une autre, concevoir que le patriarcat constitue un terrorisme à l’égard des femmes. S’il arrive parfois que la question de l’oppression des femmes émerge, elle est édulcorée au point de ressembler davantage à un amas de circonstances désagréables, mais temporaires et isolées, plutôt qu’à ce qu’elle est vraiment : une guerre permanente menée contre la liberté, l’égalité et les droits humains de plus de la moitié de la population mondiale.
La façon dont le sexisme, le privilège masculin et le patriarcat sont passés sous silence entre radicaux est à la hauteur de la façon dont ils nous paralysent. Lire la suite