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Zéromacho – des hommes disent non à la prostitution (des extraits du livre de Florence Montreynaud)

[J’avais il y a quelques années été confronté au fait que, selon des défenseurs du « travail du sexe »,  les abolitionnistes était tenu-es pour responsable de la loi sécurité intérieure de Sarkozy et de la répression des prostitué-es, l’extrait du livre Zéromacho reproduit plus bas témoigne qu’il n’en est rien.

L’extrait est composé de passages des chapitres 3 et 4 : « Que faire contre le système prostitueur ? » et  « La vérité libère ».

Ce livre est un appel à la résistance contre la colonisation des esprits par le marché. Non, le corps humain est ni à vendre ni à louer. Non, la sexualité n'est pas une marchandise.

Accepterons-nous que l’ordre marchand s’impose dans tous les domaines ? Laisserons-nous ceux qui ont déjà le pouvoir de l’argent consommer le corps des pauvres ?

Contre l’approche fataliste — « il y aura toujours de la prostitution » - ou prétendument pragmatique - mieux vaut réglementer ce qu’on ne peut empêcher —, nous sommes beaucoup à parier sur la capacité d’invention : imaginons ensemble un monde sans prostitution!

Depuis le passage de la loi abolitionniste en avril 2016 jusqu’à juin 2017, ce sont 1 164 prostitueurs qui ont été interpellés – rappelons par ailleurs que les amendes à leur encontre sont dérisoires pour des actes qui devraient légalement s’apparenter à des viols.

Les verbalisations des prostitué-es, auxquelles les abolitionnistes s’opposent, continuent quant à elles du fait d’arrêtés municipaux, particulièrement à Toulouse et Lyon. Il y a soit dit en passant une coïncidence troublante car c’est justement là où des assos cherchent à banaliser le « travail du sexe »  (Cabiria à Lyon et Grisélidis à Toulouse) que la répression des prostituées perdure, contrairement aux prostitueurs qui eux restent exceptionnellement peu inquiétés.  A ma connaissance aucune explication n’est donnée à ce phénomène. On peut émettre seulement des hypothèses :  des prostitueurs hauts placés se protègent pour continuer à « consommer/consummer » des prostitué-es, celles et ceux dont ils sont proches et réguliers,  et ils orientent ainsi le travail des flics vers d’autres personnes ? les flics protègent leur balance de proxénètes ? … Le « cher client », pour reprendre une formule de Cabiria, devrait rester Roi ?… ? Quoi qu’il en soit, dans ces 2 villes, les agissements des prostitueurs ne semblent pas un enjeux prioritaire auquel s’attaquer.

Les passages choisis du livre de Florence Montreynaud offrent aussi des éléments historiques et linguistiques permettant de recadrer les enjeux du système prostitutionnel, là où par contre certains se contentent de prêts-à-penser insultant du type « putophobe ! putophobe ! », qui ne servent qu’à laisser leur confort et la domination masculine indemnes. J’espère qu’ils liront ces extraits.

Vous rencontrerez dans son livre des témoignages de zéromachos aux profils variés : catholiques, écologistes, ou antispécistes ; mais aussi des prostitueurs ou ex-prostitueurs, parfois repentis, eux aussi divers.

Je remercie vivement Florence Montreynaud pour m’autoriser à reproduire ces passages, tirés de son dernier ouvrage Zéromacho – des hommes disent non à la prostitution (éd. M. , 2018). ] Lire la suite

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Francis Dupuis-Déri : Marxistes et anarchistes masculinistes

[L’extrait qui suit est tiré de l’ouvrage de Francis Dupuis-Déri La crise de la masculinité – autopsie d’un mythe tenace paru dernièrement aux éditions Remue-ménage (il sera disponible en France après l’été). Je remercie vivement l’auteur et les éditions pour leur autorisation à publier cet extrait.

Dans son ouvrage, richement documenté et illustré, l’auteur passe au crible différentes affirmations et faux raisonnements anti-féministes : l’échec scolaire des garçons, le suicide des hommes, le matriarcat, les paternités imposées, la symétrie des violences entre les sexes, etc. A l’instar de Judith A. Allen, l’auteur montre en quoi la crise de la masculinité est inexistante contrairement au discours qui l’affirme en boucle. (la-crise-de-la-masculinité pdf)

Une cartographie des mouvements masculinistes est dressée avec ses accointances avec les idéologies et rassemblements de droite et d’extrême droite.

J’ai particulièrement apprécié cette conclusion de Francis D.D. :

« [L]e féminisme appelle justement à la crise d’une société injuste et inégalitaire, et c’est ce qui dérange tant les hommes. Même s’ils ne sont pas en crise, ils font des crises quand des femmes refusent le rôle de sexe qui leur est assigné, quand elles transgressent les normes de sexe, quand elles résistent et contestent. Les hommes font des crises, car ils ne supportent pas d’être contredits et contestés, de ne pas avoir ce à quoi ils pensent avoir droit, en particulier des femmes à leur service.

Les hommes ne sont pas en crise, mais ils font des crises, réellement, au point de tuer des femmes.

En termes de justice et d’injustice, le problème aujourd’hui n’est pas que la masculinité soit en crise, mais bien qu’elle ne le soit pas encore. Cette crise qui n’est pas encore là, les femmes l’ont trop longtemps attendue, puisque nous y avons trop longtemps résisté. Il est donc temps d’arrêter de discourir sur la crise de la masculinité, et de tout faire pour quelle advienne, enfin. »

L’extrait concerne ici l’antiféminisme de quelques « figures de l’extrême gauche ». Proudhon ne se retourne pas dans sa tombe.] Lire la suite