Archives pour la catégorie Annonce

Pour une grammaire non sexiste

Alors que l’Etat par la voix de son premier ministre souhaite « clore la polémique » sur l’écriture inclusive, en la balayant, je signale la publication prochaine de cet ouvrage de Mickaël Lessard & Suzanne Zaccour : Manuel de grammaire non sexiste – le masculin ne l’emporte plus !    Je relaye ensuite par la même occasion 2 textes à ce sujet.

 

 

 

 

« Nous n’enseignerons plus que  » le masculin l’emporte sur le féminin  » » – et la Pétition

[Tribune] 314 membres du corps professoral de tous niveaux et tous publics, enseignant la langue française ou ayant à corriger des copies ou autres textes rédigés dans cette langue, s’engagent à ne plus enseigner la règle de grammaire résumée par la formule « le masculin l’emporte sur le féminin ».

Nous, enseignantes et enseignants du primaire, du secondaire, du supérieur et du français langue étrangère, déclarons avoir cessé ou nous apprêter à cesser d’enseigner la règle de grammaire résumée par la formule « Le masculin l’emporte sur le féminin ».

Trois raisons fondent notre décision :

  • La première est que cette règle est récente dans l’histoire de la langue française, et qu’elle n’est pas nécessaire. Elle a été mise au point au XVIIe siècle. Auparavant, les accords se faisaient au gré de chacun·e, comme c’était le cas en latin et comme c’est encore souvent le cas dans les autres langues romanes.

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« Merci Andrea Dworkin » par Mickey Z.

[Cet article, que je reprends du blog Tradfem, me sert ici à annoncer la publication prochaine d’une anthologie d’Andrea Dworkin – à la fois au Québec par Les éditions remue-ménage et par Syllepse pour la France : Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas.]

Je suis une féministe, pas du genre fun.

(Andrea Dworkin)[1]

Par Mickey Z., initialement publié le 7 mai 2016 sur World News Trust

« Ce n’est que lorsque la virilité sera morte – et elle périra quand la féminité ravagée ne la supportera plus – alors seulement saurons-nous ce que c’est que d’être libre. » (Andrea Dworkin)[2]

En tant que personne qui a fui l’université pour plutôt entreprendre un long périple d’autodidacte radical engagé, je trouve tout à fait éclairant qu’il m’ait fallu aussi diablement longtemps pour enfin rencontrer le travail d’Andrea Dworkin.

La «gauche» parle souvent de la marginalisation des dissident.e.s, mais j’ai trouvé facilement et naturellement les écrits de Noam Chomsky, Assata Shakur, Howard Zinn, Guy Debord, Frantz Fanon, Arundhati Roy, Edward Said, Angela Davis, Emma Goldman, Ward Churchill, bell hooks, et beaucoup trop d’autres pour tous les citer ici. Par contre, il m’a fallu arriver en 2015 pour lire l’autobiographie de Dworkin,Heartbreak: The Political Memoir of a Feminist Militant – et il se trouve que c’est le livre le plus révolutionnaire que j’aie jamais lu. (Cela ne veut pas dire que je suis d’accord avec tout ce qu’elle a jamais écrit, alors svp abstenez-vous de tirer cet argument bidon éculé de votre vieux sac à malice.)

Ce n’est certainement pas une coïncidence si, depuis dix ou vingt ans, aucun de mes acolytes subversifs ne m’a jamais recommandé une pionnière féministe comme Dworkin. Plus je lis son travail et plus j’écoute son analyse sans compromis, plus je comprends pourquoi elle a été soit effacée soit diabolisée – par la culture dominante et par les gens de droite, bien sûr, mais avec tout autant de véhémence par les tenants de la soi-disant gauche. Peu importe les croyances politiques que l’on allègue, le patriarcat règne encore en maître.

« Le projet érotique commun de détruire les femmes permet aux hommes de s’unir en une fraternité; ce projet est la seule base ferme et fiable de coopération entre les hommes et toute solidarité masculine entre hommes est basée sur elle. » (Andrea Dworkin)[3] 

Dans un sens plus général, il est parlant d’assister au malaise palpable causé par mon évolution sans fin. Mais là encore, il est possible que des amitiés basées sur une idéologie partagée soient le plus souvent vouées à l’échec.

Cela dit, s’il vous plaît permettez-moi d’être clair : je suis (au mieux) un chantier en cours et je déplore profondément le temps qu’il m’a fallu pour mieux comprendre la puissance fondatrice du patriarcat. Je repense avec un profond regret à certaines des postures que j’ai assumées, aux publications et aux sites Web pour lesquels j’ai écrit, aux mouvements dans lesquels j’ai mis ma confiance, aux opinions que j’ai criées sur des estrades à travers tout le pays, aux ex-camarades que j’ai défendus, et aux livres que j’ai écrits (j’aimerais réellement les modifier ou les effacer, tous les 13!).

Je ressens de la honte, mais pas un sentiment de défaite. Je me nourris d’un intense désir de rattraper le temps perdu et de m’engager plus que jamais à identifier et à rejeter le conditionnement qui m’a formé/déformé. Pour renverser, comme Andrea nous y exhorte, ce qui doit être renversé.

J’ai un long, long chemin à parcourir et je trébucherai sans doute, mais, quoi qu’il en soit, je continuerai à faire de mon mieux pour vivre selon les principes que j’ai détaillés ici et ceux que de courageuses visionnaires comme Dworkin ont érigés. Je peux enfin voir que comme tout ce que font les femmes pour résister au patriarcat est retourné en pornographie, en marchandises et en armes utilisées contre elles, le changement doit commencer par nous, les hommes.

Comme je l’ai déjà écrit ici, si les hommes veulent se montrer à la hauteur des étiquettes dont ils se parent comme celles d’activiste, révolutionnaire, radical, allié et camarade, le chemin est clair. Nous sommes tenus de faire presque tout le travail initial, d’effectuer alors les plus grands changements et de prendre les plus grands engagements. Si nous nous soucions de justice et de libération autant que nous prétendons le faire, c’est dès maintenant qu’il faut nous regarder dans le miroir, nous interpeller l’un l’autre, laisser à la porte notre ego et notre programmation masculine, et faire ce qui nous semblent être d’importants sacrifices (conseil d’un pro : ils ne le sont pas tant que ça). Nous, les hommes, devons nommer le problème, encore et encore, jusqu’à ce que nous cessions d’être le problème et cessions de refiler le problème à la génération suivante.

« Les hommes qui veulent soutenir les femmes dans notre lutte pour la liberté et la justice devraient comprendre qu’il est pas terriblement important pour nous qu’ils apprennent à pleurer ; il est important pour nous qu’ils mettent fin aux crimes de violence commis contre nous. » (Andrea Dworkin)[4]

Post-scriptum : Pour ceux qui souhaitent découvrir le travail révolutionnaire d’Andrea Dworkin, je vous suggère humblement de commencer par l’autobiographie mentionnée ci-dessus. En outre, vous trouverez des fichiers PDF de tous ses livres ici et de nombreux enregistrements audio ici. Enfin (pour aujourd’hui), cedocumentaire de 47 minutes est un incontournable (avertissement de propos déclencheurs pour les survivant.e.s d’agression sexuelle).

« Si vous savez ce qui doit être renversé, renversez-le. » (Andrea Dworkin)

D’autres textes de Mickey Z. se trouvent ici.

Version originale : http://worldnewstrust.com/thank-you-andrea-dworkin-mickey-z

Traduction : Tradfem

[1] Citation tirée du roman Ice and Fire. (ndt)

[2] Discours « The Root Cause », Our Blood, 1976. (ndt)

[3] Discours « The Root Cause », Our Blood, 1976. (ndt)

[4] Discours « The Rape Atrocity and the Boy Next Door », dans Our Blood, 1976. (ndt)

Défaire les idées toutes faites…

Juste pour information, je signale la publication d’un « nouveau » livre de Claudine Legardinier dans la collection Nouvelles Questions Féministes de chez Syllepse.

C’est un ouvrage qui mérite d’être largement diffusé et connu pour la mine d’informations et les analyses précieuses qu’il développe.

Un outil excellent pour défaire nos idées toutes faites sur le système prostitueur et les « débats » qui l’entoure !  

 

La barbe. (parution du livre)

La Barbe! Cinq ans d’activisme féministe

Préface de Christine Delphy. – Nombreuses illustrations en noir et blanc

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« AU PATRIARCAT, LES GRANDS HOMMES RECONNAISSANTS! » — « BRAVO MESSIEURS! » — « FEMMES SAVANTES, FEMMES BARBANTES »

Sous cette forme d’interpellation ironique et décalée, des militantes d’un autre genre, chœur de citoyennes affublées de barbes postiches, investissent depuis 2008 les lieux de pouvoir. Le but est clair: ridiculiser, en le rendant visible, l’entre-soi masculin qui s’y perpétue. Car derrière l’impertinence et la légèreté du ton, il y a colère, il y a révolte, face au scandale de la domination masculine dans les arts et la culture, l’économie, l’enseignement, la justice, les médias, l’humanitaire, la politique, les sciences, le sport… Lire la suite

Les femmes s’en vont en lutte !

Les femmes s’en vont en lutte ! Histoire et mémoire du féminisme à Rennes (1965-1985) en souscription jusqu’au 12 février 2014

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Présentation :
Aboutissement d’une recherche menée pendant près de 4 ans, Les femmes s’en vont en lutte ! Histoire et mémoire du féminisme à Rennes (1965-1985) se veut à la fois hommage aux militant.e.s des années 1960-1970-1980, outil de réflexion pour les féminismes contemporains et contribution à la recherche en histoire du féminisme et des mouvements sociaux.
Basées tant sur des témoignages d’actrices et d’acteurs des luttes pour l’égalité menées à Rennes pendant 20 ans que sur des archives, privées et institutionnelles, les analyses présentées montrent l’importante participation des Rennais.es aux luttes féministes et à la conquête de droits pour les femmes en France.
L’association Histoire du féminisme à Rennes :
Patricia Godard et Lydie Porée ont créé au printemps 2012 l’association Histoire du féminisme à Rennes pour accueillir leurs activités de recherche sur l’histoire des luttes féministes à Rennes de 1965 à 1985. L’association a pour objet d’écrire et de transmettre l’histoire des luttes féministes à Rennes, de favoriser les initiatives concourant à cette écriture et cette transmission, d’œuvrer à la constitution et à la valorisation de sources (archives, témoignages oraux…) sur l’histoire du féminisme à Rennes. L’association est féministe, c’est-à-dire qu’elle contribue à lutter contre les inégalités entre les femmes et les hommes. Lire la suite

Bienvenue à La profémiliste !

[Voici l’ouverture d’une nouvelle liste]

 La PROFÉMILISTE regroupe des personnes qui souhaitent interagir en vue de l’éradication de la domination masculine. Lancée par des hommes proféministes et ouverte aux femmes, cette liste de discussion internet affirme notre reddition de comptes aux luttes anti-patriarcales en cours. Nous nous retrouvons sur les bases du féminisme radical, à savoir les analyses et les propositions de Christine Delphy, Audre Lorde, Colette Guillaumin, Monique Wittig, Patricia Hill Collins, Andrea Dworkin, etc., ainsi que­ d’alliés comme John Stoltenberg et Léo Thiers-Vidal.

Nous prenons pour cibles l’exploitation, l’appropriation, la domination, dont le système prostitutionnel,…. et autres violences imposées aux femmes. Notre démarche est à la fois collective et individuelle. Lire la suite

Le 2ème livre chez Bambule : CONTRE LE MASCULINISME – guide d’autodéfense intellectuelle.

Par le collectif Stop masculinisme

Des hommes divorcés, perchés en haut d’une grue, qui se disent lésés par une justice qui  leur confisquerait leurs enfants ; des associations défendant les hommes battus et criant à la manipulation des chiffres sur les violences conjugales ; des groupes de parole destinés à des hommes en perte de repères et en quête d’une nouvelle identité masculine.
« Droits des pères », « violences et discriminations à l’encontre des hommes », « crise de la masculinité », tels sont les thèmes chers aux masculinistes. Associations, psychologues, militants, figures médiatiques ou simples quidams, ils sont un certain nombre à affirmer qu’aujourd’hui ce sont les hommes qui souffrent, qu’ils sont victimes des femmes qui auraient pris le pouvoir, des féministes qui seraient allées trop loin, bref d’une société «matriarcale ».couv
Adeptes de la victimisation et de l’inversion des rôles, les masculinistes militent pour la défense de l’ordre patriarcal et des privilèges masculins. Leur idéologie s’inscrit dans un contexte politique réactionnaire où l’on voit se renouveler les formes de la domination masculine. Lire la suite

Parution prochainement: Ni silence, ni pardon – L’inceste : un viol institué

Jeanne Cordelier et Mélusine Vertelune: Ni silence, ni pardon – L’inceste : un viol institué.
Préface de Marie-France Casalis, cofondatrice du Collectif féministe contre le viol.

Près de 25 % des filles subissent une expérience à caractère sexuel avec un adulte avant l’âge de treize ans. Les deux tiers des victimes d’agressions sexuelles sont âgés de moins de dix huit ans. Dans 98 % des cas, l’agresseur est de sexe masculin, mais plus de 20 % des agresseurs sont âgés de moins de dix-huit ans. Et notre société érotise outrageusement les filles, ce qui n’est pas sans conséquence.
ni silence ni...Les récits de Jeanne Cordelier et de Mélusine Vertelune portent sur un type d’agression à caractère sexuel particulier, celui qui est défini comme incestueux. La fillette, qui en est victime, est complètement démunie, car une personne censée la protéger et l’aimer  l’agresse, en fait son objet sexuel. La plupart du temps, la fillette se tait, par honte, par peur, par soumission à son entourage, parce qu’elle sait qu’elle ne sera pas crue. Et si elle parle, on la fait taire. Ainsi, en toute impunité se perpètrent des crimes aux conséquences
dévastatrices sur les plans physique et psychologique.
Or, certaines, un jour, décident courageusement de briser le silence, un silence lourd, étouffant, accablant.
Mélusine Vertelune nous raconte sans fard ce qui a été son calvaire quand son frère plus âgé l’a agressée à répétition pendant de nombreuses années. Il ne peut être alors question de pardon, mais de solidarité contre les dominants, les agresseurs, les criminels. Lire la suite